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Création

Vous êtes plus créatifs que vous ne le croyez!

Publié le: 22/06/2016

Dans un monde où (presque) tout est à parité, l’innovation est souvent ce qui permet à une organisation de se démarquer.  Or, le caractère innovateur d’une entreprise se construit à partir de la créativité des individus qui la composent. À ce sujet, plusieurs personnes ne s’en cachent même pas : elles ne considèrent pas créatives. Ce dur constat apparaît au départ imparable, mais il n’en est rien. Il ne s’agit pas d’une banale fatalité. Laissez-moi vous en convaincre.

Trois ingrédients suffisent pour assurer la créativité :

  • Les connaissances : Nous avons tous un “bagage” personnel, des expérience uniques et un certain niveau de culture générale. La curiosité et la lecture permettent certes de bonifier ces connaissances et de faire des liens. Il n’est donc pas nécessaire d’être un expert dans un domaine donné pour y être créatif.
  • La motivation : La plupart du temps, l’ambition professionnelle, mais surtout le simple et réel désir de vouloir bien faire, suffisent à remplir ce critère.
  • Les techniques : Il s’agit de l’élément qui fait le plus souvent défaut au sein des organisations. Pour preuve, vous avez fort probablement déjà assisté à une session d’idéation décevante en entreprise. Sans techniques, les exercices créatifs mènent plus souvent qu’autrement à des évidences ou, au mieux, à du “réchauffé”.

 

Le brainstorming est la technique créative le plus souvent utilisée en entreprise. Né du monde publicitaire il y a une cinquantaine d’années, il est aujourd’hui aussi populaire que critiqué.  Reprenons donc les reproches les plus fréquents et la façon d’y remédier.

La créativité individuelle est plus efficace que la créativité collective

Qui a dit qu’il fallait opposer ces deux techniques créatives ? Il serait beaucoup demandé aux sessions de brainstorming que d’assurer à elles-seules la créativité en entreprise. Ses détracteurs ont en effet tendance à confondre le brainstorming (le moyen) et la créativité (le but recherché).

Bien souvent, le participant continue à réfléchir à la problématique après avoir participé à une session. Ce processus, plus ou moins conscient, est appelé “l’incubation”. Dans ce cas, le brainstorm aura une incidence ultérieure sur la créativité individuelle.

Ainsi, le brainstorm n’est pas une fin en soi. Idéalement, il s’agit d’un exercice de pensée divergente permettant de générer plusieurs idées. Il peut d’ailleurs suivre, dans le temps, des gestes de créativité personnels.

Le brainstorm sied moins aux introvertis

Le brainstorm, comme il est trop souvent pratiqué, dramatise la personnalité introvertie de certains participants. Or, il est évident qu’un individu moins loquace aura tendance à se fondre dans la masse si 12 personnes ou plus sont autour de la table. Le fait de réduire le nombre de participants (idéalement six personnes) a pour effet d’atténuer le facteur timidité et de responsabiliser implicitement le groupe.

Qui plus est, en dépit du fait que le brainstorm est à la base une technique de créativité collective, il ne faut pas hésiter à stimuler l’implication des participants en alternant les discussions de groupe et les exercices de créativité individuels pendant le brainstorm. Ces derniers permettent souvent aux plus timides de se rendre justice et de ragaillardir leur confiance pour la suite des choses.

Les participants se contentent de proposer des idées similaires (social matching)

Il est difficile d’être créatif sans contrainte. On doit donc s’imposer des contraintes pour générer des idées moins classiques.  Par exemple, pourquoi ne pas aborder la problématique sous la lorgnette d’adolescents de 12 ans ou de personnes âgées ? Ces techniques créatives sont trop peu souvent utilisées et obligent les gens autour de la table à sortir de leur zone de confort ou de leur réalité quotidienne.

Par ailleurs, on n’insistera jamais suffisamment sur l’importance de la diversité des profils autour de la table (que ce soit en termes d’âge, de personnalité ou de département à l’intérieur de l’entreprise). On fera plus rapidement face à une pénurie d’idées (ou une moins grande diversité dans celles-ci) si on se contente de réunir exclusivement des profils trop similaires.

Conclusion

Tout considéré, le problème des sessions de créativité ne se situe pas vraiment au niveau de leur déroulement ou même de leur technique. Ce qui pose problème, c’est souvent le travail en amont et la mauvaise définition du problème. Les organisations ont trop souvent tendance à définir la problématique par l’entremise de la solution qu’ils envisagent. Par exemple, la problématique n’est pas tant le besoin de proposer un nouveau produit mais plutôt, par exemple, le vieillissement de notre clientèle actuelle.

Finalement, le brainstorming en entreprise comporte des avantages qui dépassent largement la génération d’idées neuves pendant 90 minutes. Il informe face à un sujet donné, mobilise les gens et s’inscrit bien dans une philosophie de gestion participative. Dans certains cas, il peut même souder les liens entre collègues (team building) dans la mesure où il fait émaner certaines facettes insoupçonnées de ces derniers.