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Évaluation

Un nouveau métier: Le Webnaliste!

Publié le: 03/11/2014

Le webnaliste n’existe pas encore officiellement mais cela ne saurait tarder. Il combinera les expertises du journaliste à celles de l’analyste, mais dans un contexte numérique (en passant mesdames, vous aurez compris que la webnaliste sera aussi).

Le webnaliste sera le nouvel analyste.

Le journaliste d’enquête pourra certes interroger des internautes ou des experts mais le nouveau webnaliste sera d’abord un analyste googléen via Google Search mais aussi Google Trends ou Google Insights. La quantité d’informations disponibles sur le Web continue d’exploser et les appellations pour indiquer de nouvelles quantités font même rigoler (le Yottabyte par exemple: 1 suivi de 24 zéros, nommé en l’honneur de Yoda).

Malgré ces notions de quantité, c’est la pertinence des infos et les recoupements possibles qui ne cessent de surprendre. L’index de Google (toujours eux!) permet même d’estimer l’arrivée de la grippe! Et là encore, on ne parle même pas des richesses du Big Data.

Le webnaliste maîtrisera donc l’analytique et saura créer des requêtes de recherche sophistiquées pour recueillir le contenu qui correspond exactement à son besoin. Il peut d’ailleurs déjà paramétrer des applications de curation comme Spundge (un site lancé par une entreprise montréalaise) qui rend les opérateurs booléens classiques aussi intuitifs qu’utiles.

Pour recueillir toute la richesse des médias sociaux et transcender les sites et les blogues, le webnaliste devra maîtriser les logiciels comme Radian 6 ou Sysomos qui permettent de valoriser en temps réel tout ce qui se dit ou s’écrit sur les Twitter, Facebook et Linkedin de ce monde.

Le webnaliste sera le nouveau journaliste.

Le travail de cueillette d’information sera donc chamboulé. Et si les méthodes de réflexion et de synthèse ne changeront pas drastiquement, la mise en forme vivra une autre métamorphose importante :  au plan des délais et du raccourcissement du cycle de la nouvelle d’abord mais aussi au plan de la rédaction. Le webnaliste saura en effet comment optimiser sa rédaction pour tenir compte du fait que le lecteur:

  •  lit 25% moins rapidement sur un site qu’un texte imprimé;
  • qu’il parcourt et scan souvent le texte avant de lire certains passages;
  • apprécie voir un texte accompagné d’un visuel attrayant.

Il rédigera pour tenir compte de l’importance du référencement organique sans que cela ne soit télégraphié, redondant ou apparent pour le lecteur. Des textes plus courts, davantage d’intertitres et des hyperliens vers d’autres documents sont autant d’ajustements qui devront être apportés par les scribes de demain.

Finalement, le webnaliste devra presque devenir éditeur et un expert pour distiller le contenu et l’atomiser. Pour chaque billet long, il créera entre 5 et 10 microcontenus. Il saura capitaliser sur les forces et les particularités des médias sociaux visuels (pour ceux qui croient que la popularité du contenu vidéo anéantira la forme écrite, il faut se rappeler qu’un document vidéo naît souvent d’un texte!).

Publié en primeur chez Infopresse.